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Un projet inédit en Bretagne, maison à ossature bois, bardage en peuplier local et savoir-faire régional

Deux ouvriers fixent des lames claires sur une facade

Et si l’on construisait une maison dont presque tout, des matériaux aux mains qui la bâtissent, viendrait de Bretagne ? Sept entreprises du bâtiment ont décidé de le tenter pour de bon. Elles s’apprêtent à sortir de terre une maison témoin dans le Morbihan, et le résultat sera visitable.

Sept entreprises bretonnes s’unissent pour une maison témoin inédite

Le projet a été dévoilé au salon de l’habitat de Quimper, le salon Viving. Sept entreprises bretonnes de la construction se sont réunies autour de l’association Produits en Bretagne. Leur idée tient en une question : peut-on construire une maison 100 % bretonne ?

La question a d’abord été posée par le groupe Trecobat, dont le siège est à Lannilis, dans le Finistère. Pour Anne-Claire Pons, directrice générale de Produits en Bretagne, la réponse est sans détour : « Et la réponse est oui ». C’est de là qu’est née cette maison, attendue l’été prochain à Brecq, dans le Morbihan.

Une maison de 140 m² en ossature bois, construite à 81 % avec des matériaux bretons

Les chiffres à retenir sont simples. La maison témoin affichera 140 m² en ossature bois, et 81 % de l’ensemble sera estampillé « made in Bretagne ». Ce pourcentage couvre à la fois les matériaux et le savoir-faire local.

Le calendrier est tout aussi clair : la construction doit démarrer pour une maison visitable à partir de l’été prochain. Le public pourra alors juger sur pièces ce qu’un circuit court appliqué au bâtiment donne concrètement.

81 % : ce que le chiffre dit, et ce qu’il ne dit pas

Ce score mélange matériaux et savoir-faire locaux. Il ne signifie pas que 81 % du prix ou du poids de la maison vient de Bretagne. Il montre surtout que la majorité de la chaîne, des matériaux aux collaborateurs, est régionale.

Un bardage en peuplier breton thermotraité, récolté à moins de 70 km de Carhaix

Planches verticales en bois clair sur une maison moderne

C’est la pièce la plus visible du projet, pour laquelle on peut consulter la pose d’un bardage composite Woodtech. Le bardage sera confié à Aprobois, une entreprise spécialisée dans la fabrication de palettes. Pour elle, c’est l’occasion de se diversifier.

Karine Mahé, sa directrice générale, joue sur la surprise : « On dirait du joli bois exotique, en fait c’est du peuplier breton ». Le bois est récolté dans un rayon de 70 km autour de Carhaix. Il subit ensuite un thermotraitement, qui, selon elle, « améliore sa durabilité et son esthétique ».

Pour cette entreprise, la maison sert de vitrine. Elle y voit une piste de développement et une meilleure valorisation de ses produits, un enjeu qu’elle juge important. Si le peuplier thermotraité séduit, il pourrait trouver de nouveaux débouchés dans la filière bois bretonne.

Pourquoi le 100 % breton reste hors d’atteinte

Le chiffre de 81 % a un revers : il reste 19 % qui ne viennent pas de la région. Alban Boyé, président de Trecobat, ne le cache pas. Dans le chauffage, et notamment pour la pompe à chaleur, aucun fabricant breton n’existe : « Trouver un acteur dans le monde du chauffage, de la pompe à chaleur ou d’autres éléments, ça n’existe pas en Bretagne ».

La plaque de plâtre pose un autre problème. L’usine se trouve à Cognac, bien loin du Morbihan. Les entreprises devront donc réfléchir à des substituts. Alban Boyé parle d’« un chemin qu’on essaie d’éclairer », ce qui montre que le projet est autant une démarche d’exploration qu’une démonstration.

Voilà qui nuance la promesse initiale. La maison sera très bretonne, sans être intégralement bretonne. L’intérêt tient justement à cette honnêteté : le chantier va mettre en lumière les maillons manquants de la filière.

Une ambition : garder la valeur ajoutée sur le territoire

Le véritable objectif n’est pas un label. Selon Alban Boyé, l’ambition est qu’une majorité de la valeur ajoutée produite par cette maison, « faite par des collaborateurs bretons, dans des outils de production bretons », reste sur le territoire.

Autrement dit, chaque euro dépensé dans le chantier doit nourrir l’économie locale plutôt que partir ailleurs. C’est le même raisonnement que celui du circuit court alimentaire, appliqué à la construction bois en Bretagne. Pour les artisans et industriels de la région, c’est aussi un argument pour défendre les emplois locaux.

Ce qu’il faut retenir avant la visite

  • Une maison témoin de 140 m² en ossature bois, dans le Morbihan, à Brecq.
  • Sept entreprises bretonnes réunies autour de Produits en Bretagne.
  • 81 % de matériaux et de savoir-faire locaux, mais pas 100 %.
  • Un bardage en peuplier breton thermotraité, signé Aprobois.
  • Une visite possible à partir de l’été prochain.

D’ici là, une question reste ouverte : saura-t-on trouver des alternatives bretonnes au chauffage et à la plaque de plâtre ? La réponse dira jusqu’où une région peut bâtir avec ses propres ressources.

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Article publié par la rédaction de La Maison De Demain.

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