Vous avez de beaux volets en bois, vous les fermez chaque soir, et pourtant la pièce refroidit dès que le chauffage s’arrête. Ce n’est pas un hasard. Les installateurs le répètent à chaque début d’hiver : des volets en bois aux fenêtres ne suffisent pas à garder la chaleur, parce que le problème se joue d’abord au niveau de la fenêtre elle-même.
Un volet en bois seul ne suffit pas : où la chaleur s’échappe vraiment
La réponse tient en une phrase : un volet en bois ralentit les pertes de chaleur, mais il ne corrige ni un vitrage ancien, ni des joints fatigués, ni un châssis qui laisse passer l’air. Fermé, il crée une lame d’air entre lui et la vitre et réduit un peu les déperditions thermiques. Il ne remplace pas une vraie isolation thermique de la fenêtre.
Dans la plupart des logements, la chaleur s’échappe par trois endroits. Le vitrage d’abord, surtout s’il est simple ou ancien, y compris un double vitrage ayant perdu son étanchéité. Les joints ensuite, qui durcissent avec le temps et laissent filer des courants d’air. Enfin le pourtour de la fenêtre, là où le cadre rejoint le mur, souvent mal calfeutré.
Le volet intervient après tout cela. Il agit comme une couche supplémentaire, utile, mais qui ne compense pas une fenêtre défaillante. Si votre double vitrage est correct et bien posé, le volet fermé améliore nettement le confort. Si la fenêtre fuit, il masque le problème sans le régler.
Le test de la main, avant d’acheter quoi que ce soit
Par temps froid, passez la main le long du cadre, des joints et du bas de la fenêtre, volet fermé. Si vous sentez un filet d’air, le souci vient de l’étanchéité de la fenêtre, pas du volet. Un nouveau volet n’y changera pas grand-chose.
Volets roulants, battants ou pliants : lequel isole le mieux ?
Aucun type de volet n’est isolant par nature. Ce qui compte, c’est la façon dont il ferme la fenêtre : plaqué ou non contre le mur, hermétique ou ajouré, bien ajusté ou approximatif. Une barrière hermétique emprisonne une lame d’air immobile devant la vitre, et c’est elle qui freine le froid.
Les volets battants en bois plein, bien ajustés et verrouillés, offrent une bonne fermeture. Les volets pliants se comportent de la même manière, avec un encombrement moindre. Les volets roulants ont l’avantage de se fermer d’un geste, mais leurs lames et leurs coulisses laissent parfois passer l’air si la pose est approximative.
| Type de volet | Point fort | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Battants | Fermeture pleine, bonne lame d’air si bien ajustés | Jeu entre les vantaux, fermeture à la main |
| Pliants | Même principe que les battants, moins encombrants | Charnières et jonctions à surveiller |
| Roulants | Manœuvre simple, fermeture rapide chaque soir | Caisson, coulisses et lames ajourées |
Matériau et caisson : ce qui fait vraiment la différence

Le bois est un matériau naturellement peu conducteur, ce qui joue en sa faveur face au PVC ou à l’aluminium. Mais le matériau ne fait pas tout. Un volet en bois mal entretenu, gauchi ou fendu, perd une grande partie de son intérêt, car l’air s’infiltre dans les jours qui se créent.
Pour les volets roulants, le point sensible est le caisson. Un caisson intégré dans le mur ou un caisson tunnel mal isolé devient un pont thermique : l’air froid s’y engouffre et refroidit la pièce par le haut de la fenêtre. Les fabricants indiquent le coefficient Ud, qui mesure les performances de l’ensemble fenêtre et volet. Plus il est bas, mieux l’ensemble isole, et c’est ce chiffre qu’il faut comparer, pas seulement le matériau.
Pose et étanchéité : les erreurs qui annulent le gain
Un bon volet mal posé isole mal. Les installateurs relèvent toujours les mêmes erreurs : un volet qui ne vient pas en butée, des joints absents en bas ou sur les côtés, un caisson non calfeutré, un espace entre le volet et le mur par lequel l’air circule librement.
Une pose soignée vise un seul but : que l’air emprisonné entre le volet et la vitre reste immobile. Dès que cet air circule vers l’extérieur, la lame d’air perd son rôle d’isolant. Un contrôle de l’étanchéité après la pose, volet fermé, évite de découvrir le défaut au premier coup de froid.
Rideaux occultants thermiques : un complément testé au quotidien
Quand on ne peut pas changer les fenêtres ni les volets, les rideaux occultants thermiques offrent une solution d’appoint côté intérieur. Une utilisatrice raconte avoir installé des rideaux PONY DANCE dans son salon et sa chambre, là où elle ressentait le plus les courants d’air. Son constat : une fois les rideaux tirés le soir, la température reste stable bien plus longtemps, même après l’arrêt du chauffage.
Le lot comprend deux panneaux de 140 cm de large sur 240 cm de haut, en polyester de 230 g/m², avec huit œillets de 4 cm de diamètre qui se glissent sur une tringle standard. Ils se lavent en machine sans précaution particulière. Elle explique aussi ne plus avoir besoin de surchauffer pour compenser les déperditions thermiques près des vitres.
Autre retour d’usage : au début, la pièce lui semblait trop sombre en journée. Elle a pris l’habitude de les laisser ouverts le matin pour profiter de la lumière naturelle, puis de les refermer en fin d’après-midi, quand le soleil décline. Ce rythme simple suffit à garder la chaleur sans vivre dans la pénombre.
Précision utile : il s’agit d’un ressenti personnel, pas d’une mesure en laboratoire. Un rideau épais limite la sensation de froid près de la fenêtre, mais il ne remplace pas un travail sur le vitrage ou l’étanchéité. Les offres en ligne de ce type de produit sont parfois relayées par des liens d’affiliation, un point à garder en tête quand on compare les avis.
La checklist hivernale : partir de la fenêtre, pas du produit

Avant d’acheter un volet, un rideau ou une peinture thermique, quelques vérifications évitent de dépenser au mauvais endroit :
- Repérer les courants d’air autour du cadre et des joints, volet ouvert puis fermé.
- Vérifier l’état du vitrage et se demander si un double vitrage s’impose.
- Contrôler que le volet ferme bien en butée, sans jour visible sur les bords.
- Examiner le caisson des volets roulants et son calfeutrement.
- Ajouter des rideaux épais en complément, à tirer dès la tombée du jour.
Si les travaux sont lourds, renseignez-vous sur les aides financières avant de signer un devis : elles dépendent des matériaux, de la pose et de votre situation. À long terme, le gain tient moins au volet qu’à l’ensemble : une fenêtre étanche, un volet bien posé et un geste régulier chaque soir font de vraies économies d’énergie.






