Vous avez rangé la tondeuse, rentré les chaises de jardin, mais le tuyau d’arrosage est resté vissé au mur. Une nuit à -4 °C suffit : l’eau piégée dans le robinet extérieur se transforme en glace, et le mal est fait, souvent invisible jusqu’au jour où l’on rouvre l’eau au printemps.
Le scénario est l’un des plus courants des mois de novembre et décembre. Bonne nouvelle : le remède tient en trois gestes et une petite demi-heure de travail.
Fermer, vidanger, isoler : la méthode en 3 gestes
Le principe est toujours le même. Un robinet qui ne contient plus d’eau ne peut pas geler. Il faut donc couper l’alimentation, évacuer ce qui reste dans le circuit, puis protéger ce qui dépasse à l’extérieur.
- Fermer : repérez la vanne d’arrêt qui alimente le robinet extérieur, généralement à l’intérieur, dans la cave, le garage ou sous l’évier le plus proche du mur concerné. Tournez-la d’un quart de tour pour couper l’arrivée d’eau.
- Vidanger : ouvrez le robinet extérieur en grand pour laisser s’écouler l’eau restante. Si la vanne dispose d’un petit bouchon de purge, dévissez-le pour évacuer l’eau coincée entre la vanne et le robinet. Laissez ensuite le robinet ouvert tout l’hiver.
- Isoler : posez une housse isolante sur le robinet et, si le tuyau d’alimentation est apparent, enveloppez-le d’une coquille isolante en mousse. Un tuyau d’arrosage rangé, c’est la première règle : démontez-le, videz-le et enroulez-le à l’abri.
L’ordre compte. Si vous isolez sans avoir vidangé, vous retardez le gel sans l’empêcher, et l’eau reste prisonnière au pire endroit.
Sans vanne d’arrêt dédiée
Beaucoup de maisons anciennes n’ont pas de vanne propre au robinet extérieur. Dans ce cas, la solution de dépannage consiste à couper l’eau au compteur d’eau, à ouvrir le robinet extérieur pour le vider, puis à rouvrir l’eau générale en laissant le robinet extérieur ouvert si le circuit est bien séparé. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut ne pas bricoler.
Un plombier installe en général une vanne avec purge en une heure environ. C’est un investissement modeste comparé aux dégâts d’une fuite dans un mur.
Pourquoi le gel fait éclater une canalisation
L’eau qui passe à l’état de glace augmente de volume d’environ 9 %. Dans un tuyau fermé, cette dilatation exerce une pression énorme sur les parois, et c’est souvent à l’endroit le plus fragile (un raccord, une portion de cuivre ou de PER très exposée) que la fissure apparaît.
Le piège, c’est que la glace ne casse pas toujours là où elle se forme. Un bouchon de glace dans le robinet comprime l’eau en amont, et c’est parfois plusieurs mètres plus loin, dans le mur, que la canalisation cède. La fuite ne se manifeste qu’au dégel, quand la glace libère le passage.
Quand protéger son robinet : le calendrier avant les premières gelées

Inutile d’attendre la première nuit négative. Les tuyaux extérieurs et ceux qui traversent des zones froides peuvent geler dès que la température reste sous 0 °C pendant plusieurs heures, et les premières gelées arrivent plus tôt en montagne ou dans l’est qu’en bord de mer.
| Moment | Geste à faire |
|---|---|
| Fin de saison d’arrosage | Démonter, vider et ranger le tuyau d’arrosage et ses raccords |
| Dès que les nuits approchent de 0 °C | Couper la vanne d’arrêt, vidanger, laisser le robinet ouvert |
| Avant la première gelée annoncée | Poser la housse isolante et les coquilles sur les tuyaux apparents |
| Pendant l’hiver | Contrôler l’état de la housse, surtout après une tempête ou un grand froid |
| Au printemps | Retirer la protection, fermer le robinet, rouvrir la vanne et surveiller |
Repère simple : dès que la météo annonce des minimales proches de 2 ou 3 °C par temps clair, mieux vaut s’y mettre. Le ciel dégagé refroidit davantage les murs exposés que ne le dit le thermomètre.
Le tuyau laissé vissé : l’erreur qui coûte le plus cher
Un tuyau d’arrosage resté raccordé garde de l’eau dans sa longueur et bloque la vidange naturelle du robinet. La glace se forme alors du tuyau vers le mur. Si votre robinet est équipé d’un clapet anti-retour, il retient aussi un peu d’eau : pensez à vidanger ce dispositif, ou à le retirer pour l’hiver.
Housse isolante ou robinet antigel : quelle protection choisir
La housse isolante est la solution la plus répandue. Elle coûte quelques euros, se pose en une minute et limite le froid autour du robinet. Mais elle ne remplace jamais la vidange : c’est un complément, pas une protection à elle seule en cas de gel durable.
Le robinet antigel est la vraie réponse durable. Sa tige est plus longue, et le clapet qui coupe l’eau se situe à l’intérieur du mur, dans la zone chauffée. En fermant le robinet, l’eau du tronçon extérieur s’évacue automatiquement, à condition de retirer le tuyau d’arrosage et de respecter une légère pente vers l’extérieur à la pose. Remplacer un ancien robinet par un modèle antigel est un chantier court pour un plombier.
Dans les endroits très exposés, certains optent pour un câble chauffant autour du tuyau, relié à un thermostat. Il convient pour des tronçons impossibles à vidanger, mais il consomme de l’électricité et demande une pose soignée, en respectant la notice du fabricant.
Les autres points sensibles autour de la maison
Le robinet extérieur n’est pas le seul candidat à l’éclatement. Tout tuyau qui traverse une zone non chauffée mérite un coup d’œil avant l’hiver.
Dans un garage non chauffé ou une cave mal fermée, les canalisations apparentes gèlent facilement, surtout près des soupiraux : pour les protéger, voyez comment isoler les tuyaux de la cave avant les gelées. Le vide sanitaire et les tuyaux en façade, juste derrière un mur nord, sont aussi vulnérables. Le compteur d’eau, logé dans un regard ou un abri extérieur, craint lui aussi le froid : un couvercle isolant ou un panneau de laine minérale dans le regard limite les risques.
Pour tous ces tronçons, une coquille isolante en mousse ou une enveloppe de laine minérale protégée par un film étanche suffit généralement. Pensez à calfeutrer les aérations inutiles du garage et à garder une température hors gel dans les pièces concernées en cas de départ prolongé.
Robinet ou tuyau déjà gelé : que faire

Si l’eau ne sort plus alors qu’elle coulait la veille, c’est probablement que le gel a bloqué le circuit. Première règle : ne forcez rien, et ne cherchez pas à faire fondre la glace à la flamme, qui abîme les tuyaux et peut provoquer un incendie.
Fermez d’abord la vanne d’arrêt pour limiter les dégâts en cas de fissure. Ouvrez le robinet concerné, puis réchauffez progressivement la zone avec un chiffon tiède ou un sèche-cheveux à distance raisonnable, en partant du robinet vers l’intérieur. Le dégel doit rester lent pour éviter les chocs thermiques.
Une fois la glace fondue, rouvrez doucement l’eau et inspectez tout le trajet : traces d’humidité sur le mur, gouttes au plafond de la cave, compteur d’eau qui tourne alors que tout est fermé. Un de ces signes révèle une fuite, et il vaut mieux appeler un plombier sans attendre, car l’eau s’infiltre vite dans les cloisons.
Remise en service au printemps
Quand les risques de gel sont écartés, retirez la housse, refermez le robinet extérieur, puis rouvrez la vanne d’arrêt très progressivement. Observez le robinet et le mur pendant quelques minutes, puis refaites un contrôle le lendemain.
Si vous découvrez une fuite à ce moment-là, refermez aussitôt la vanne : c’est la trace d’une fissure née pendant l’hiver. Le geste du printemps est court, mais il évite de découvrir des dégâts après plusieurs jours d’eau qui s’écoule dans un mur.
Retenez l’essentiel : un robinet vidé, un tuyau d’arrosage rangé et une protection posée avant les premières gelées coûtent bien moins qu’une canalisation à remplacer.





