Le feu a pris dans le conduit, les pompiers sont repartis, et c’est là que tout se joue. Quelques jours plus tard, votre assureur vous pose une question en apparence banale : pouvez-vous prouver que le conduit a été ramoné ? Sans papier, un dossier d’indemnisation peut se compliquer sérieusement.
Sans attestation de ramonage, l’assureur peut refuser ou réduire l’indemnisation
Voici la réponse directe : oui, après un sinistre lié à un conduit de fumée (feu de cheminée, fumées, intoxication), l’assureur peut demander une attestation de ramonage à jour. Si vous ne pouvez pas la produire, il peut invoquer un manquement à l’entretien. Selon votre contrat, cela peut aller du refus de garantie à une indemnisation réduite.
Ce n’est pas automatique pour autant. Tout dépend des clauses de votre assurance habitation et du lien entre le défaut d’entretien et le sinistre. Mais face à un conduit encrassé, l’argument est facile à opposer, et c’est à vous de démontrer que vous étiez en règle.
Le bon moment pour se procurer cette preuve n’est donc pas après l’incendie, mais avant la première flambée de la saison, en vérifiant aussi le stockage du bois dans la cheminée. Un ramoneur qui passe en septembre ou octobre vous donne un certificat daté, qui couvre la période de chauffe qui suit.
Ramoner après le sinistre ne sert à rien
Un certificat daté d’après l’incident ne prouve rien sur l’état du conduit au moment des faits. Pire, un nettoyage avant l’expertise peut effacer des indices utiles. Ne touchez à rien tant que l’assureur ou l’expert n’a pas donné son feu vert.
Ce que doit contenir un certificat de ramonage valide
Un simple reçu de paiement ne suffit pas toujours. Le certificat de ramonage doit permettre à l’assureur de savoir qui est intervenu, où, quand et sur quoi. Plus il est précis, moins il prête à discussion.
Vérifiez que les mentions obligatoires suivantes figurent bien sur le document remis par le ramoneur :
- le nom et les coordonnées de l’entreprise, avec son numéro d’immatriculation ;
- l’adresse du logement et le nom de l’occupant ;
- la date d’intervention, lisible et complète ;
- le type d’appareil et de conduit concernés (cheminée, poêle à bois, insert, chaudière) ;
- la méthode employée (ramonage mécanique, par exemple) et la mention de la vacuité du conduit après passage ;
- la signature du ramoneur, accompagnée de son tampon.
Si l’un de ces éléments manque, demandez-le avant de payer. Un certificat vague sur l’appareil ramoné peut être contesté, surtout si le logement compte plusieurs conduits.
Fréquence de ramonage et obligation réglementaire : une ou deux fois par an

La règle courante s’appuie sur le règlement sanitaire départemental, qui fixe en général deux ramonages par an pour les combustibles solides comme le bois, dont un pendant la période de chauffe. Pour le gaz et le fioul, un ramonage annuel est la norme. Pour une chaudière, il s’ajoute à l’entretien annuel du matériel, qui est une autre obligation.
Plusieurs sites juridiques citent le décret du 20 juillet 2023 à ce sujet. Les références varient d’une page à l’autre, donc ne vous fiez pas à une seule source. Le texte applicable chez vous dépend de votre commune : le plus sûr est de consulter le règlement sanitaire départemental en mairie et de relire votre contrat, car l’assureur peut exiger davantage que la loi.
Retenez surtout ceci : la fréquence de ramonage inscrite dans votre contrat est celle qu’on vous opposera. Un poêle utilisé tout l’hiver et ramoné une seule fois ne tiendra pas devant un expert, surtout si l’on brûle du bois trop humide (un humidimètre pour vérifier son bois aide à le contrôler).
Feu de cheminée ou fumées chez le voisin : ce que l’assureur peut opposer
En cas de feu de cheminée, les pompiers interviennent d’abord. Ensuite, vous devez déclarer le sinistre à votre assureur dans les délais du contrat, en général cinq jours ouvrés, et conserver tous les justificatifs. Le certificat de ramonage sera l’une des premières pièces demandées.
L’assureur peut opposer plusieurs arguments : défaut d’entretien, clause d’exclusion prévue au contrat, ou réduction de l’indemnité si le manquement a aggravé les dégâts. Il peut aussi se retourner contre le responsable si le sinistre vient d’un tiers, par exemple un installateur ou un voisin négligent.
Les fumées qui envahissent le logement d’à côté posent un autre problème. Un conduit mal entretenu qui enfume un voisin peut engager votre responsabilité civile, voire constituer un trouble anormal de voisinage. Le monoxyde de carbone ajoute un risque sanitaire grave : des maux de tête, des nausées ou des vertiges doivent vous faire aérer et appeler les secours sans attendre.
Location et copropriété : qui commande le ramonage, qui paie, qui conserve la preuve
En location, le ramonage courant est à la charge du locataire, qui le commande et garde le certificat. Le propriétaire reste responsable si le conduit est défectueux ou hors normes, car ce n’est plus de l’entretien mais une réparation. Il peut demander l’attestation au locataire, et l’assureur du bailleur la réclamera lui aussi en cas de sinistre.
En copropriété, tout dépend du type de conduit. Un conduit collectif est géré par le syndic, avec un coût réparti dans les charges de copropriété. Un conduit individuel relève de l’occupant, propriétaire ou locataire.
| Situation | Qui commande et paie | Qui garde la preuve |
|---|---|---|
| Propriétaire occupant | Le propriétaire | Le propriétaire |
| Location, conduit individuel | Le locataire (entretien courant) | Le locataire, copie au bailleur |
| Copropriété, conduit collectif | Le syndic, via les charges | Le syndic, copie aux occupants |
Que faire avant la première flambée : la checklist

Quelques gestes suffisent pour arriver à la saison avec un dossier solide. Faites-les dans cet ordre, idéalement avant les premiers froids, quand les ramoneurs ont encore des créneaux.
- Relisez votre contrat pour repérer la fréquence de ramonage exigée.
- Prenez rendez-vous avec un ramoneur qualifié, qui délivre un certificat.
- Vérifiez les mentions du document avant le départ du professionnel.
- Prenez une photo du certificat et enregistrez-la dans votre téléphone ou votre messagerie.
- Rangez l’original avec vos papiers d’assurance et transmettez une copie à votre bailleur ou à votre syndic.
Pour la conservation du certificat, gardez-le plusieurs années. Une période de deux à trois ans est une bonne base, et mieux vaut le garder tant que vous restez dans le logement. En cas de perte, le ramoneur peut vous délivrer un duplicata, d’où l’intérêt de choisir une entreprise qui tient un registre de ses interventions.
Ce petit papier ne coûte que quelques dizaines d’euros et ne prend pas plus d’une heure. Face à un incendie, il peut faire la différence entre un dossier réglé et une indemnisation contestée.







